4. Ouranos, Zeus et les dieux de l'orage
En Grèce, Ouranos a conservé plus nettement ses caractères naturistes : il est le ciel. Hésiode nous présente son approche, quand s'étendant en tous sens, « tout avide d'amour » et apportant avec lui la nuit, il enveloppe la Terre. Mais, à part le mythe, il ne nous est rien resté d'Ouranos, pas même une image. Son culte éventuel a été usurpé par d'autres dieux, en premier lieu par Zeus. Ouranos confirme lui aussi ce destin des divinités célestes suprêmes d'être graduellement repoussées en dehors de l'actualité religieuse, de supporter usurpations sans nombre, substitutions et fusions pour tomber finalement dans l'oubli. Complètement effacé dans la religion, Ouranos survit dans le mythe transmis par Hésiode ; mythe qui, quels que soient les rituels qu'il implique, répond néanmoins au désir de connaître l'origine des choses. En effet, au début il y avait, sinon uniquement le Ciel, du moins le couple divin Ciel-Terre. C'est de cette hiérogamie inépuisable qu'ont pris naissance les premiers dieux, les Cyclopes et autres êtres monstrueux.
Mais, à la différence des autres dieux célestes, Ouranos a une fécondité périlleuse. Ses créatures ne ressemblent pas aux formes qui peuplent aujourd'hui la Terre, mais sont des monstres (aux cent bras, aux cinquante yeux, d'immense stature). Comme il les « haïssait dès le premier jour » (Hésiode), Ouranos les cachait dans le corps de la terre (Gaia), qui souffrait et gémissait. Encouragé par Gaia, le dernier de ses enfants, Kronos, attend que son père s'approche de la Terre, comme il le faisait à la tombée de chaque nuit, lui coupe l'organe générateur et le jette dans la mer. La mutilation d'Ouranos met un terme à ses créations monstrueuses et, par là même, à sa souveraineté.
Quelle que soit l'explication de ces créations aberrantes, le fait est qu'Ouranos a disparu du culte dès avant les temps historiques. Sa place a été prise par Zeus, dont le nom exprime clairement l'essence céleste. Comme Dyaus, Zeus conserve les v […]
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