3. Mythologie balte
Peut-être les Baltes formaient-ils, à l'origine, une communauté avec les Slaves, ce qui rendrait compte de nombreux détails de leurs croyances. Mais, qu'il s'agisse des Pruthènes, établis en Prusse, de l'embouchure de la Vistule à l'actuelle Russie blanche ; des Lituaniens, installés plus à l'est-nord-est, jusqu'au Niemen et au-delà, ou des Lettons, fixés au nord de la Dvina, nous disposons de très peu de documents, de quelque ordre qu'ils soient, pour les connaître et nous ne pouvons juger de leur paganisme que par le biais de témoignages notoirement sujets à caution : relations étrangères, homélies et rapports établis par des clercs chrétiens, folklore populaire. Ces peuplades perdirent leur autonomie sous les coups des chevaliers teutoniques (xiiie siècle) et la Réforme acheva, au xvie siècle, d'extirper ce qui faisait leur originalité.
Il n'est tout de même pas impossible de dégager des sources dont on dispose quelques caractères du paganisme balte, que l'on envisagera ici globalement, en notant, si nécessaire, des divergences propres à chacune des trois branches.
• Culte de la nature et culte des morts
Le premier trait frappant est que les Baltes vouaient avant tout un culte aux forces de la nature, telles quelles ou, éventuellement, personnifiées. Peuplades agricoles, ils adoraient les arbres et les forêts, le Soleil, la Lune et les astres, et toutes sortes de quadrupèdes, y compris les crapauds. Leurs dieux et leurs démons habitaient les champs, les lacs et les rivières : c'étaient les velè, les kaukis ou nains, les laume (féminin), tous tutélaires. Aussi ne leur connaît-on guère de temples : les forêts sacrées ou alkas leur en tenaient lieu. Ce culte prend chez les Lettons un caractère très marqué avec les « mères » ou mate, dont l'existence renvoie sans doute à une déesse-mère primordiale et qui portent des noms parlants : Laukamat (mère des champs), Mezamat (des bois), Lopemat (du bétail), Jurasmat (de la mer), Darzamat (des jardins), Vejamat (du vent), etc. Le jésuite Stribing rapporte, en 1606, que les Livoniens font des o […]
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