2. Déluge et Renouveau
Parmi les mythes primitifs de la Fin, très rares sont ceux qui ne présentent pas d'indications précises concernant l'éventuelle re-création du monde. Ainsi, dans une des îles Carolines, Aurepik, c'est le fils du Créateur qui est responsable de la catastrophe. Lorsqu'il s'apercevra que le chef ne s'occupe plus de ses sujets, il submergera l'île au moyen d'un cyclone. Il n'est pas certain qu'il s'agisse d'une fin définitive : l'idée d'une punition des « péchés » implique généralement la création ultérieure d'une nouvelle humanité.
Plus difficiles à interpréter sont les croyances des Négritos de la péninsule de Malacca. Les Négritos savent qu'un jour Karei mettra fin au monde parce que les humains ne respectent plus ses préceptes. Aussi, pendant l'orage, s'efforcent-ils de prévenir la catastrophe en faisant des offrandes expiatoires de sang. La catastrophe sera universelle, elle frappera sans distinction pécheurs et non-pécheurs, et ne préludera pas, semble-t-il, à une nouvelle création. C'est pourquoi les Négritos appellent Karei « mauvais », et les Ple-Sakai voient en lui l'adversaire qui leur a « volé le Paradis ».
Un exemple singulièrement frappant est celui des Guaranis du Mato Grosso. Sachant que la Terre sera détruite par le feu et par l'eau, ils partirent à la recherche du « Pays sans péché », sorte de paradis terrestre, situé au-delà de l'Océan. Ces longs voyages, inspirés par les chamans, et effectués sous leur direction, ont commencé au xvie siècle et ont duré jusqu'en 1912. Certaines tribus croyaient que la catastrophe serait suivie d'un renouvellement du monde et du retour des morts. D'autres tribus attendaient et désiraient la fin définitive du monde.
La majorité des mythes amérindiens de la Fin impliquent soit une théorie cyclique (comme chez les Aztèques), soit la croyance que la catastrophe sera suivie par une nouvelle création, soit, enfin (en certaines régions de l'Amérique du Nord), la croyance à une régénération universelle effectué […]
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