Ethnologues ou sociologues, culturalistes ou folkloristes, historiens des religions ou des idées, juristes ou économistes, archéologues ou philologues, linguistes ou logiciens, psychologues ou psychanalystes, théologiens ou philosophes : tout le monde, aujourd'hui, ou peu s'en faut, s'intéresse au mythe.
Pourtant, la notion de mythe, si elle a été redéfinie, approfondie, analysée de cent façons, est loin d'être élucidée. De même, la question sur le sens ou la fonction des mythes, notamment au sein des sociétés archaïques, a reçu trop de réponses, et des réponses trop divergentes pour que l'une d'elles, à l'exclusion des autres, pût s'imposer.
Sans aborder tous les domaines, tous les aspects du mythe, les articles ci-dessous (dus à des spécialistes qui sont au contact de plusieurs disciplines) présentent un large tableau de l'état actuel du problème.
Le conflit des interprétations y apparaît en pleine lumière. Deux thèses principales s'affrontent.
Pour l'une, la vérité des mythes, et même toute vérité, n'est en définitive qu'« un effet de signification ».
Pour l'autre, la création des mythes, la mythogénievécue, spontanée, n'est pa […]
