La pensée assyro-babylonienne a hérité de la tradition sumérienne l'idée qu'existaient encore dans le cosmos des forces de mal ou, du moins, de trouble qui en bouleversaient pendant un temps l'ordonnance, avant qu'un champion ne rétablisse l'état de choses précédent : le mythe d'Anzu raconte ainsi comment un héros divin, Ninurta, tua un oiseau maléfique pour faire régner à nouveau l'harmonie.
Anzu est le nom d'une sorte d'aigle dont on a cru retrouver l'image dans les fouilles d'El Obeid (sud de la Mésopotamie), malheureusement trop restaurée aujourd'hui pour avoir quelque valeur documentaire. On se le représentait aussi comme une nuée orageuse. Être divin, mais non dieu, il était, à l'origine, l'emblème du dieu guerrier Ninurta. Avec le temps, la mythologie mésopotamienne en élimina le caractère favorable pour n'y voir qu'une bête malfaisante. De sa lutte avec son ancien maître naquit le poème en babylonien qui, en dépit du titre qu'il reçut des modernes, est à la gloire de son adversaire. À cet égard, il appartenait à un cycle d'épopées chantant les exploits de Ninurta, dont peu de chose nous est parvenu. Deux versions en existent : l'une courte (trois cents vers environ […]
