3. Actionsur le système immunitaire de l'hôte
Certains composants du cytoplasme et de la paroi des mycobactéries ont des propriétés antigéniques : injectés à un animal de laboratoire, ils y induisent la synthèse d'anticorps spécifiques. Certains autres composants agissent en tant qu'immunomodulateurs : ils modifient de façon non spécifique (en la stimulant ou en la déprimant) la réponse immunitaire induite par un antigène quelconque. L'adjuvant de Freund est un mélange obtenu par dispersion de corps mycobactériens dans une émulsion huile-eau : il s'agit d'un réactif très utilisé en immunologie pour augmenter la production d'anticorps dressés contre des antigènes faibles. Le principe actif de cet adjuvant correspond à une fraction du peptidoglycane mycobactérien (muramyl-dipeptide ou MDP) : ce produit est employé en tant qu'immunostimulant dans le cancer et les syndromes immunodépressifs. Par contre, certains composants de nature glycolipidique répriment la réponse immunitaire ; ils pourraient être responsables de la tolérance observée dans la lèpre lépromateuse contre M. leprae.
L'immunoélectrophorèse bidimensionnelle représente la technique la plus élaborée pour le fractionnement des antigènes mycobactériens. Sous l'effet d'un champ électrique, ceux-ci migrent dans un gel en fonction de leur taille et de leur charge, et sont mis en évidence par les anticorps correspondants. L'antigène A60 issu de Mycobacterium bovis – et révélé par cette technique – a été employé en tant que réactif dans un test immunologique pour la tuberculose. La réactivité croisée entre antigènes correspondants permet de préciser la position taxonomique des organismes CMN dont ces antigènes sont issus : cette évaluation est faite par immunodiffusion ou par immunoélectrophorèse. Les réactions immunitaires déclenchées chez les animaux, après l'introduction d'antigènes mycobactériens, ne se limitent pas seulement à la synthèse d'anticorps, c'est-à-dire à l'immunité humorale. Des réactions d'immunité cellulaire sont également produites, telle la réaction à la tuberculine décrite par R. Koch à la fin du siècle dernier, et depuis lors employée pour déceler l'infection tuberculeuse. Les phénomènes d'hypersensibilité retardée, dont la réaction à la tuberculine est un exemple, mettent en évidence la résistance acquise contre la tuberculose : cette résistance est essentiellement due à l'immunité cellulaire.
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