Tumeur inflammatoire polyfistulisée, à évolution très lente, siégeant en général aux membres inférieurs (réalisant le « pied de Madura »). Les mycétomes sont des mycoses qui s'observent le plus souvent dans les contrées tropicales à humidité modérée.
Deux types de micro-organismes sont responsables de mycétomes : soit des champignons, soit des actinomycètes anaérobies (qui sont des bactéries filamenteuses ramifiées). Les espèces les plus fréquemment rencontrées sont : Madurella mycetomi et Leptosphaeria senegalensis, pour les champignons ; Streptomyces madurae, Streptomyces pelletieri et Nocardia brasiliensis, pour les actinomycètes. La pénétration du parasite se fait par des blessures souillées de terre ou de débris végétaux. L'anatomie pathologique révèle une atteinte du tissu sous-cutané et du tissu osseux.
Le pus qui s'échappe des fistules contient des « grains » caractéristiques dont la couleur (noire, blanche, rouge) et la taille (de 20 micromètres à plusieurs millimètres) sont fonction de l'agent causal. Au microscope, on voit que ces grains sont formés par l'enchevêtrement des filaments mycéliens ou bactériens. Le diagnostic repose sur l'examen macroscopique (couleur, taille, forme, etc.) et microscopique de ces grains et permet l'identification de la variété de micro-organisme responsable.
On traite les mycétomes fongiques par la chirurgie, un traitement médical antifongique (kétoconazole) étant parfois proposé en association. Les actinomycétomes font l'objet, en première intention, d'un traitement médical (cotrimoxazole).
Jacques BEJOT
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