2. Un mouvement autour d'une musique
• De nouvelles manières de consommer la musique
Plus que le rock, la techno est à l'origine destinée essentiellement à la danse. Elle ne s'écoute pas en concert, mais dans les clubs et les raves. Apparues à la fin des années 1980 en Grande-Bretagne et plus tard dans le reste de l'Europe, les raves, fêtes clandestines organisées dans des bâtiments désaffectés (hangar, usine), rassemblent les danseurs aux sons d'une techno plutôt dure. Le DJ devient un acteur au rôle important : il ne passe plus seulement les disques mais les mixe, les enchaînant pour maintenir chez les ravers l'effet de transe. En réaction à l'organisation de manifestations officielles, les free parties (fêtes libres) ont pris le relais des raves.
Pour garder leur indépendance, les musiciens techno se sont pris en main pour commercialiser leurs créations, sans passer par les maisons de disques déjà en place. C'est une culture underground (un cercle de passionnés travaillant dans l'ombre) qui ainsi se développe, farouchement attachée à son autonomie. Les labels indépendants fleurissent, privilégiant le vinyle. À ses débuts, la techno ignore le vedettariat, au contraire du rock et de ses stars. Les artistes se cachent sous des pseudonymes, les pochettes n'affichent pas leur visage, les white label (disques sans aucune indication nominative) sont fréquents. Faire un remix – composer une nouvelle version d'un morceau existant – devient une pratique de plus en plus appréciée.
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