L a musique contemporaine se flatte de produire et de faire entendre des sons nouveaux, même s'ils sont élaborés avec les moyens traditionnels. Elle continue d'utiliser, en effet, l'orchestre classique, adapté bien sûr, avec généralement une masse d'instruments à vent et à percussion plus importante qu'autrefois. Et, surtout, les dispositions instrumentales ne respectent plus la division habituelle des pupitres ; elles font éclater l'orchestre, qu'elles atomisent en autant de parties individuelles qu'il y a d'instruments en jeu (d'où ces partitions géantes écrites sur plusieurs dizaines de portées distinctes), quand ce n'est pas en petits sous-groupes, voire en sous-orchestres.
Edgar Varèse avait annoncé, au début du xxe siècle, une musique fondée sur la sonorité, sur le dynamisme de l'émission sonore. La musique contemporaine utilise, dans ce but, de nouveaux procédés d'émission du son : par le souffle, par l'archet, par la main, si bien que le son obtenu n'a souvent plus rien de commun avec le son « normal » de l'instrument. Cet aspect de « laboratoire de sonorités », de prospection sonore, est la caractéristique la plus évidente de la plupar […]
