Il est probable que dès l'origine des temps on ait chanté... Mais si, à partir de là, par analogies abusives, on projetait sur le passé l'image actuelle du chant choral, on se ferait les idées les plus fausses. Il faut donc tout d'abord retracer l'évolution de ce genre. On constate alors que, d'une part, la musique chorale ponctue les principaux temps et événements de la vie des hommes dont elle reflète craintes et espoirs et que, d'autre part, son caractère sacré et religieux, sans disparaître pour autant, s'estompe au profit d'une fonction artistique et spectaculaire.
1. Des origines à l'époque classique
• Antiquité et civilisations primitives
De ce que fut la musique de la préhistoire, on commence aujourd'hui à savoir beaucoup, grâce à des survivances dans les sociétés primitives et à leur recoupement avec des témoignages archéologiques : dessins rupestres, objets musicaux trouvés dans les fouilles, etc. On sait que, dans ces sociétés, la musique avait souvent un rôle magique et que les instruments, parmi lesquels de nombreuses percussions, y tenaient une place importante. Chaque ethnie possédait son répertoire traditionnel, souvent relié à des rites précis ou à des tabous impératifs. Dans ce répertoire, figuraient de nombreux chœurs, volontiers attachés à un moment déterminé de la vie sociale : guerre, chasse, funérailles, etc. Dans un tel contexte, le répertoire se transmet par tradition orale, parfois même par initiation ésotérique. La musique n'est pas une œuvre d'art, mais une fonction sacrée. Elle ne s'écrit pas, ne se « répète » pas, ne se « dirige » pas : elle se vit comme un principe vital, comme un élément de communication avec les dieux, comme un exutoire d'expression, souvent lié au défoulement corporel de la danse, de l'incantation ou de la représentation sacrée. C'est en ce sens que l'on peut parler des « chœurs » dans les anciennes civilisations. Hommes et femmes y sont rarement mêlés : chacun des sexes a ses rites, donc son répertoire et on ne saurait les […]
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