À Bâle, ville rhénane à la forte tradition humaniste et économique, l'initiative privée s'est de tout temps alliée aux institutions publiques pour favoriser le développement culturel de la cité : la Collection publique des beaux-arts – c'est son nom officiel – en est le reflet. Elle doit son prestige à un noyau d'œuvres exceptionnelles du xvie siècle et à un ensemble du xxe siècle de tout premier plan acquis grâce à cette synergie.
Cette collection d'art publique est la plus ancienne au monde. À une époque où peu de communautés civiques s'occupaient de regrouper des objets d'art et où les collections restaient enfermées chez les familles princières, la cité de Bâle et l'Université, créée en 1461, firent l'acquisition en 1662 de l'intégralité du cabinet Basile Amerbach (1534-1591) qu'elles rendirent accessible au public dès 1671. Cette collection, réunie par trois générations d'humanistes, présente – fait rarissime – un ensemble non dispersé de 10 000 ouvrages, 4 000 estampes, 1 870 dessins et 50 tableaux dont l'essentiel de l'œuvre des frères Holbein. Ce fonds, enrichi au xixe siècle des œuvres de Hans Fries et de […]
