2. Caractéristiques de la multiplication végétative
On peut, d'une façon générale, considérer la multiplication végétative comme fixatrice, pour les individus de la descendance, des caractéristiques acquises par un organisme au cours des vicissitudes de la reproduction sexuée. En effet, les processus mis en œuvre permettent, sauf cas exceptionnels, la permanence du stock génotypique dans une population issue d'un individu de patrimoine héréditaire donné.
Mais, si la multiplication végétative apparaît comme conservatrice de l'ensemble du génotype, il n'en est pas toujours de même en ce qui concerne son fonctionnement. En effet, on a mis en évidence la transmission dans la descendance de certains types de fonctionnement tant pour des Champignons que pour des Phanérogames. Les faits sont particulièrement nets chez les plantes possédant des rameaux dimorphes, les uns dressés, à symétrie radiale, dits orthotropes, les autres latéraux, horizontaux, souvent à symétrie bilatérale, dits plagiotropes ; les boutures de ces deux types d'axes donnent, en effet, naissance à des plantes morphologiquement très différentes. Par exemple chez Phyllanthus amarus, les rameaux plagiotropes se développent très peu ; bouturés, ils présentent une croissance indéfinie sur le mode « plagiotrope ». Chez certaines plantes d'intérêt économique comme le cacaoyer et l'hévéa, des propriétés de ce type ont été mises en évidence ; chez l'hévéa, elles sont actuellement en voie d'utilisation et permettent d'espérer une augmentation très sensible de la production de latex à l'hectare.
Les processus de sénescence, interprétés comme un mode particulier de fonctionnement du génotype, peuvent être transmis, lors du bouturage, comme cela a été démontré chez des Champignons. On a observé que certaines cultures présentent, de façon aléatoire, des zones morphologiquement différentes du thalle initial. Des repiquages successifs de fragments provenant de ces zones donnent naissance à un thalle de structure nouvelle ; on a pu […]
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