Roi de Libye (1950-1969). Mohamed Idris as- Sanoussi est né le 13 mars 1890 à El-Jaghboub dans le nord-est du désert libyen, non loin de la frontière égyptienne. Oasis perdue entre sebkhats et dunes, El-Jaghboub était le siège de la « Zaouiya mère » de la confrérie sanoussiya. Idris est le fils aîné de Mohamed el-Mahdi as-Sanoussi et le petit-fils du prestigieux fondateur de la tariqa sanoussiya (la voie de la confrérie sanoussiya). À l'âge de quatorze ans, le jeune Idris perdit son père alors qu'il l'accompagnait au Soudan ; c'est son oncle Mohamed ach-Charif qui s'occupa de lui et l'aida à parfaire son éducation religieuse. En 1914, il effectua son premier pèlerinage à La Mecque où il fut reçu en hôte de marque par les autorités ottomanes et le chérif de La Mecque. À son retour, les siens le proclamèrent émir de Barqa (Cyrénaïque) et des Oasis : il reçut la bay'a à Ajdabya, dont il fit sa capitale. Le sultan ottoman le reconnut et l'éleva à la dignité de pacha. À vingt-quatre ans, il entrait ainsi de plain-pied dans la vie politique mouvementée de son pays. Depuis 1911, les Italiens occupaient le nord-ouest du pays, et l'existence même de son émirat ne dépendait que de leur bon vouloir. Ils signèrent avec lui un traité qui fut abrogé par Mussolini dès son arrivée au pouvoir. L'émir de Barqa et des Oasis dut alors s'exiler en Égypte, ce qui lui fut sévèrement reproché par la suite ; la résistance libyenne, qui était en pleine réorganisation, avait, en effet, besoin d'un chef, et elle fut perturbée par son départ. Elle fut sauvée - pour un certain temps - grâce à l'arrivée d'un cheikh pourvu d'un courage hors du commun et d'une parfaite maîtrise de la stratégie de la guérilla en milieu désertique, Omar El-Mokhtar. La résistance libyenne fit preuve d'une efficacité inégalée sur le terrain et parvint à porter des coups sévères à l'armée d'occupation malgré la violence de la répression. Les Italiens ne parvinrent à briser la résistance libyenne que plusieurs années plus tard, après la capture, la condamnation et l'exécuti […]
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