3. Le chef d'une secte militarisée
C'est cependant avec la témérité de la foi et non la prudence de la raison que les moïstes se battent fanatiquement pour leur cause, et d'abord pour la paix qu'ils défendent paradoxalement les armes à la main. Leur école s'est organisée en secte politico-religieuse, disciplinée militairement, réclamant de ses membres la ristourne de l'excès des revenus qu'ils peuvent gagner dans les emplois publics auxquels les recommande une réputation de loyauté absolue, que la mort n'intimide pas. Chez les épigones de Maître Mo, l'activisme politique prend progressivement le pas sur la recherche doctrinale, et le moïsme est épuisé comme courant philosophique dès le iiie siècle avant J.-C. ; mais il se perpétuera tout au long de l'histoire de la Chine dans la tradition de certaines formes de la révolte sociale. À l'époque moderne, c'est l'intérêt que lui portèrent des intellectuels réformistes comme Liang Qichao (1873-1929) et Hu Shi (1891-1962) qui replaça à l'actualité des études sinologiques la vieille doctrine de Maître Mo.
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