3. Le Mozambique depuis l'indépendance
• Un pays socialiste en guerre
En 1968-1969, le Frelimo a traversé une grave crise interne. Des factions se sont cristallisées et déchirées à propos de l'orientation politique, militaire et idéologique du mouvement. Après le départ, et parfois l'assassinat, de nombreux chefs et militants, la direction du Front est dominée par des éléments militaires et marxistes qui arriveront au pouvoir en 1975. C'est ainsi que Samora Machel devient le premier président du Mozambique indépendant et qu'il met rapidement en place un régime socialiste. Contrairement à la Tanzanie qui adopte un « socialisme africain », le Frelimo privilégie un marxisme-léninisme orthodoxe. En 1975, le nouveau gouvernement nationalise l'enseignement et la santé et investit massivement dans ces domaines. Au niveau politique, il met en place des structures du parti dans tout le pays (« groupes dynamisateurs », cellules du parti, etc.), il organise des élections populaires et travaille à la marginalisation des pouvoirs perçus comme réactionnaires (les capitalistes, les religieux, les chefs traditionnels). À la suite de l'officialisation de ses orientations lors de son IIIe Congrès en 1977, le Frelimo fusionne même le parti et l'État. Au niveau économique, il nationalise presque toutes les entreprises et restructure l'économie rurale par le biais d'une « socialisation de la campagne » (paysans regroupés dans des « villages communaux ») et par le développement de coopératives et de fermes d'État.
Si la révolution socialiste améliore les conditions sociales de la majorité de la population, l'autoritarisme politique du pouvoir va générer des résistances et, assez rapidement, une opposition armée. La grande majorité des colons portugais quitte le pays, ou est expulsée, durant la période de transition politique. Parmi la population restante, plusieurs secteurs résistent à certains aspects des nouvelles politiques menées (nationalisation, villagisation forcée, etc.), voire s'opposen […]
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