Le vocabulaire et le thème du mouvement perpétuel appartiennent essentiellement à l'histoire des sciences, et, plus précisément, en Europe, à l'époque qui va du début du xvie à la fin du xviiie siècle. Le rôle important qu'ils ont tenu dans l'élaboration de la science positive justifie qu'on leur accorde une attention particulière.
Se rattachant à l'impact, sur la tradition de la science grecque au Moyen Âge, d'informations venues de l'Orient à travers l'Islam, ils sont significatifs d'un problème fondamental, celui qui consiste à savoir si les phénomènes mécaniques, prototypes de tous les changements dont l'observation et la production sont l'objet même de la science, sont régis par une « économie » précise. Ils ont préparé le terrain où a pu éclore le principe de la conservation de l'énergie, qui domine la science du xixe siècle.
L'impossibilité de construire des machines capables de fonctionner indéfiniment sans dépense d'énergie n'a cependant été, depuis le début du xviie siècle, que la profession de foi de théoriciens avisés, tandis que le rêve de semblables merveilles n'a cessé de h […]
