3. Redéfinitions politiques
Une des originalités du M.D.C. consiste précisément dans sa capacité à se laisser définir de et par l'extérieur, au-delà de ses nombreux programmes ou autodéfinitions. Lors des élections européennes de 1994, les engagements collectifs des quatre têtes de liste sont réduits et ce sont les ralliements de personnalités qui définissent les propositions électorales (autour de la place des femmes ou de la société civile) dans une conjoncture de dénonciation de la politique professionnelle. L'arrivée de J.-P. Chevènement au ministère de l'Intérieur en 1997 constitue également un moment de forte redéfinition du groupe. Pour d'anciens fidèles, J.-P. Chevènement incarne à nouveau le modèle républicain, pour d'autres, c'est un « national-républicain » ou un souverainiste, tandis que des journalistes ou des intellectuels le mobilisent pour peser sur les redéfinitions des points de vue qui s'opèrent alors autour de quelques sujets, de l'Europe à l'immigration, en passant par la délinquance ou la répression. Le nom devient alors, jusqu'en 2002, une possibilité de se démarquer de la gestion socialiste, de s'opposer à Lionel Jospin ou encore d'inventer et de déployer une identité républicaine apte à renouveler les écarts et les différences au sein du jeu politique.
Aux élections législatives de 2002, le M.D.C. perd l'ensemble de ses représentants nationaux, suite notamment à l'éviction de Jospin du deuxième tour de l'élection présidentielle et aux « représailles » socialistes. La transformation d'une partie du M.D.C. en M.R.C. n'y change rien : les élections locales de 2004 constituent un échec et signalent la perte de positions politiques locales, jusqu'alors préservées.
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