2. La motricité chez les Mammifères
Conformément aux remarques ci-dessus, l'analyse de la motricité des Mammifères se fera par niveaux successifs de complexité, en cherchant à isoler d'abord des phénomènes moteurs segmentaires (les réflexes), puis des mécanismes de coordination intersegmentaire, puis enfin des processus de contrôle suprasegmentaire.
• Réflexes segmentaires, plurisegmentaires et intersegmentaires
Définissons un réflexe comme la réponse motrice stéréotypée à l'excitation d'une certaine catégorie de récepteurs de la sensibilité générale. On ne décrira ici que quelques types de réflexes.
– Les réflexes à point de départ musculaire, plus précisément le réflexe myotatique : ses récepteurs sont dans le muscle lui-même (fuseau musculaire) et sont excités lorsque celui-ci subit une traction. À une telle traction, le muscle répond par une contraction ; en sorte qu'à la limite il pourra conserver une certaine longueur quelle que soit la traction exercée, ce qui réalise le plus simple des systèmes asservis. Grâce à ce tonus d'origine réflexe, la position des articulations sera maintenue et contribuera en particulier à la station debout, par « résistance active » des extenseurs. Il s'agit d'un réflexe segmentaire, très localisé, puisqu'il n'intéresse en principe que le muscle étiré lui-même.
D'autres récepteurs de l'appareil musculaire – ceux des tendons en particulier – ont une action réflexogène plus complexe, puisqu'ils peuvent, au contraire des récepteurs fusoriaux, entraîner l'inhibition de la contraction du muscle impliqué. La physiologie du mouvement est actuellement riche d'informations sur les effets de ces messages musculaires sur les différents groupes fonctionnels de motoneurones.
– Les réflexes à point de départ cutané : plus complexes, ces réflexes répondent à la stimulation des récepteurs tactiles et surtout nociceptifs (sensibilité douloureuse). Lorsqu'on met ainsi en jeu ceux d'un membre, il se fléchit, ce qui revient à la contraction de l'ensemble des fléchisseurs et, d'un point de vue finaliste, au retrait du membre de la « source » de douleur. Là ne s'arrêt […]
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 6 pages…



