2. Approche psychanalytique et constitution historique des motivations
Telle est bien, en effet, une des difficultés essentielles à la psychanalyse : comprendre comment la destinée pulsionnelle forme un mode de défense contre la pulsion. Il faut donc saisir dans un premier temps les avatars de la sexualité, qui se constitue par étayage sur les pulsions du moi et traverse successivement des phases d'évolution déterminées dont chacune laissera une « trace » indélébile dans les formations ultérieures. L'inconscient s'avère alors historiquement constitué, n'étant pas seulement tout processus psychique dont l'existence nous est démontrée par ses manifestations, mais plus précisément « tout processus dont nous admettons qu'il est présentement activé, sans que nous sachions, dans le même moment, rien d'autre sur son compte » (Neue Folge der Vorlesungen zur Einführung in die Psychoanalyse, 1932). Perdant son sens traditionnel et descriptif de latent, l'inconscient a d'abord été déduit de la théorie du refoulement dans la dynamique freudienne, pour enfin être également inféré, à partir de la résistance actuelle offerte par le moi, au sein de la dernière systématique. C'est dire que, après avoir caractérisé uniquement l'élément sexuel refoulé, l'inconscient en est venu à se situer dans le processus refoulant même.
Comment alors définir le sujet, renvoyé perpétuellement à l'autre dans le débordement que constitue l'éternelle signifiance de passés étrangers ? Issues de l'histoire de l'espèce, empruntées à autrui et jaillies de la situation actuelle, les motivations ne cessent d'entrer en conflit, posant au moi des problèmes qu'il lui est vital de présentement résoudre. En ce qui concerne l'héritage phylogénétique, les pulsions émanées de l'organisation somatique trouvent déjà au niveau du « ça » un premier mode d'expression conflictuelle sous forme de lutte entre motions sexuelles contradictoires. Car la sexualité contient en elle-même une source indépendante de déplaisir, par suite de l'« ac […]
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