4. Au cours de la grossesse
On connaît mal la mortalité au cours des six premiers mois de gestation. Elle est très élevée, particulièrement au cours du premier mois. Elle est alors souvent confondue avec la stérilité, les conceptions qui durent très peu de temps n'étant généralement pas décelées. Dans les meilleures conditions, il semble que seulement 60 p. 100 des conceptions atteignent six mois. C'est une mortalité qui augmente nettement avec l'âge de la mère et la moyenne de 60 p. 100 correspond à 75 p. 100 pour les jeunes mères de vingt ans et 50 p. 100 pour les mères de quarante-cinq ans.
Ces données peuvent être considérées comme représentant la mortalité endogène fœtale. Il s'y ajoute les autres types de mortalité définie plus haut : mortalité accidentelle au sens large du terme, et mortalité de civilisation sous les deux formes dont on a parlé. On a peu d'information sur ces mortalités. Elles sont sans doute importantes, particulièrement au début de la vie utérine. Elles expliquent alors la plus grande part des variations dans les estimations de stérilité féminine observées entre les pays.
Dans les trois derniers mois de la grossesse, le risque de mortalité de l'enfant est sensiblement constant. Les données sont plus nombreuses et plus précises que pour la mortalité fœtale, mais bien des incertitudes demeurent. Une mortalité endogène de vieillissement de 1 p. 100 est plausible. Les soixante survivants à six mois ne sont plus que cinquante-neuf à la naissance. Comme la mortalité fœtale, la mortinatalité augmente avec l'âge de la mère : 0,8 p. 100 chez les jeunes mères et 4 à 5 p. 100 chez les mères de quarante-cinq ans. Comme dans le cas précédent, cette mortalité endogène peut se trouver largement augmentée par les conditions de vie (la moyenne pouvant atteindre 5 p. 100).
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