4. Immortalité et résurrection
On ne peut négliger ici les philosophes personnalistes, comme Maurice Nédoncelle, Jean Lacroix, Emmanuel Mounier, et néo-thomistes, comme Sertillanges, Jacques Maritain, qui prolongent le courant aristotélico-thomiste au moins en ce point central où l'homme est pris comme unité, esprit incarné et corps spirituel, ne laissant place ni au dualisme, ni à l'idéalisme, ni au monisme matérialiste.
Sans rien nier des apports des plus récents développements, personnalistes et néo-thomistes les situent au plan périphérique de la phénoménologie et recourent à une métaphysique proprement dite. La personne est un noyau ontologique au principe de toutes les activités bio-psychiques de l'homme. Elle est inséparable de son ouverture au monde socio-économique, par lequel elle est d'ailleurs conditionnée, mais qu'elle domine cependant comme un absolu. Maritain insistera davantage sur sa transcendance, Nédoncelle sur la communication des consciences, Mounier sur l'activité révolutionnaire de la personne humaine. Mais, pour tous, celle-ci est cette « sur-existence » manifestée au long d'une vie engagée dans le monde, et qui est promise, de ce fait, à une victoire sur la mort.
Par son désir d'absolu jamais satisfait, par l'activité du souvenir qui est dépassement du temps, par la conscience réfléchie qui est dépassement de l'espace, par la liberté conditionnée et malgré tout indomptable qui est choix, par son unité personnelle qui synthétise son expérience, en un mot par son « intériorité », l'homme, immergé dans l'espace-temps, tissé dans et avec l'histoire, est cependant métahistorique. La vie humaine est tension dramatique entre deux pôles : celui de l'espace-temps et celui de leur double et unique négation qu'est l'éternité.
Aussi bien l'immortalité ne commence pas avec la mort, mais avec la naissance. L'« être-pour-la-mort » est en même temps un « être-pour-la-survie ». La vie humaine qui inaugure sa trajectoire visible l'inscrit, chemin faisant, dans une d […]
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