4. La société moose aujourd'hui
Si le système politique moose a survécu, dans une certaine mesure, à la conquête française et si les chefs sont toujours en place aujourd'hui, c'est que les colonisateurs ont choisi de faire de la chefferie l'auxiliaire de l'administration. En 1932, le territoire de la Haute-Volta fut supprimé ; après sa reconstitution, en 1947, l'éveil politique voltaïque se manifesta notamment par une campagne des anciens combattants contre les chefs. En 1953, la hiérarchie moose fonda le Syndicat des chefs coutumiers de Haute-Volta qui, pour défendre les prérogatives de la chefferie, va s'efforcer d'en donner une image moderne et de faire oublier ses complaisances à l'égard des Français. Le régime de Maurice Yaméogo (1960-1966) limite le pouvoir des chefs, interdit les salutations traditionnelles et entend remplacer le mode ancien de désignation des chefs par une élection. Ces mesures, quand elles ont été suivies d'effet, le succès de l'islam, les départs de colons moose vers l'Ouest voltaïque ont, certes, affaibli la chefferie moose, mais sans que la légitimité de son existence ait été véritablement mise en cause. La hiérarchie moose demeure aujourd'hui encore le seul trait d'union entre les paysans et une administration au sein de laquelle les fonctionnaires issus de familles de chefs moose sont nombreux.
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