2. Vie économique et sociale
Les Moose sont des agriculteurs du mil, principale production vivrière et base de l'alimentation quotidienne, les autres plantes cultivées à usage alimentaire étant le maïs, le haricot, le pois de terre et l'arachide. Parmi les produits de cueillette, le plus important est la noix du karité, principale source de matières grasses. Les Moose cultivaient le coton (la variété ancienne a disparu au profit de celle qu'ont introduite les Français). Le tissage et la teinture à l'indigo étaient des activités complémentaires du commerce à longue distance, les Yarse – commerçants musulmans d'origine sarakole (Mali) – utilisant les bandes de tissu de coton comme fret de caravane. Le Moogo comptait peu de gros marchés, mais certaines places, comme Pwitenga, près de Kuupela (Koupéla) dans le sud-est du pays, avaient une importance internationale. Le Yatenga produisait du fer ; les forgerons locaux le transformaient en instruments aratoires et en armes dont une partie était exportée vers le Moogo central, pauvre en minerai. On élevait dans le Moogo septentrional une race de chevaux de qualité.
L'organisation sociale des Moose a pour fondement le buudu : on désigne par ce terme tout groupe de descendance patrilinéaire dès lors qu'il ne se réduit pas à une seule unité locale et, plus communément, le patrilignage exogame, qui intervient comme unité familiale étendue dans la négociation des alliances. Le buudu du système matrimonial est subdivisé en un nombre généralement peu élevé d'unités locales appelées saka (« quartier ») ; à son tour, le saka est subdivisé en familles étendues ou yiiri. Aujourd'hui, la famille de type yiiri a cédé la place à une unité familiale de taille plus restreinte, le zaka, qui tend de plus en plus à se confondre avec le ménage polygynique (un homme, ses femmes, leurs enfants non mariés). Les modalités d'établissement des alliances sont régies par une très large exogamie qui, pour un individu donné, s'étend aux patrilignages de ses quatre grands-pa […]
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