Le monstre, dans l'art, peut être défini comme la création, par l'imagination humaine, d'un « être matériel » que son créateur n'a pas pu rencontrer. Peu importe que ce créateur ait cru ou non à son existence dans une contrée lointaine ou mythique, qu'il ait eu ou non, au moment de la création, l'intention consciente d'instaurer ainsi un écart par rapport à la nature. Le monstre se définit donc comme différence par rapport à la perception que l'on a généralement du monde naturel. Comme l'a écrit Benvenuto Cellini : « Les grotesques ont été ainsi nommés par les Modernes parce que ce sont dans des caves de Rome (cavernes qui étaient autrefois des chambres, des étuves, des salles...) que des savants curieux les ont redécouverts [...]. D'où le nom de grotesques donné à ces décorations. Mais ce n'est pas leur nom. Les Anciens, en effet, aimaient à composer des animaux fantastiques tenant de la chèvre, de la vache et de la cavale, et, de même, ils formaient avec les rinceaux de feuillage des espèces de monstres. Et c'est ce terme de monstres, non celui de grotesques, qu'il faut appliquer à ces compositions. »
Le monstre constitue ainsi un signifiant esthétique, dont il […]
Autres références
« MONSTRES, esthétique » est également traité dans :
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BESTIAIRES
Auteurs :
Françoise ARMENGAUD, Daniel POIRION
Dans le chapitre "Le Moyen-Orient antique" : …
la tradition. D'Orient encore nous vient le carnassier zoophage ou androphage, prélude aux *monstres gloutons de l'enfer chrétien, tout comme le héros légendaire entre deux lions qu'il domine, dans la sérénité ou dans la lutte, Gilgamesh, ou Héraclès, ou Daniel. Si le thème décoratif se transmet, le sens se perd ou se transforme : le fauve…
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BOSCH JÉRÔME (1450-1460 env.-1516)
Auteur :
Claude-Henri ROCQUET
Dans le chapitre "Les sources de l'imaginaire" : …
vient de plus loin encore : ses chimères humaines sont des grylles, c'est-à-dire de ces *monstres comme en peignait au iiie siècle le Gréco-Égyptien Antiphile, et dont Pline se divertissait. (Grilloétait, dit-on, le surnom d'un personnage porcin portraituré par Antiphile. Simple jeu, ou petites figures…
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BROWNING TOD (1882-1962)
Auteur :
Raphaël BASSAN
à exprimer le pessimisme et le goût de la relativité qui seront désormais la marque de Browning. *C'est dans l'âme humaine que se niche la monstruosité. Cet axiome se vérifie dans Freaks(1932), où les phénomènes de la nature (nains, sœurs siamoises, femme à barbe...) se révèlent plus humains que les personnages « normaux » animés par l'…
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BURGONDES
Auteur :
Patrick PÉRIN
Dans le chapitre "Chefs-d'œuvre de l'art burgonde : garnitures de ceinture de bronze et de fer damasquiné" : …
offrent une grande homogénéité stylistique allant de pair avec un répertoire thématique limité. *De nombreuses plaques portent des représentations monstrueuses (griffons, hippogriffes), qui témoignent de façon éloquente de la survivance à l'époque mérovingienne des thèmes animaliers orientaux qui avaient été diffusés dans tout l'Empire romain.…
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GAULE
Auteur :
Jean-Jacques HATT
Dans le chapitre "La Tène III" : …
*Le groupe intitulé la « Bête de Noves » (musée d'Avignon) est probablement contemporain des dernières sculptures d'Entremont, s'il ne leur est pas légèrement postérieur. Il figure la mort sous la forme d'un carnassier androphage, tenant à la fois du lion, d'inspiration méditerranéenne, et du loup, d'origine gauloise. Il montre combien les Gaulois…
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Bibliographie
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J. Berger de Xivrey, Traditions tératologiques, Paris, 1836
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J. Céard, La Nature et les prodiges, Genève, 1977
M. F. Dandré-Bardon, Apologie des allégories de Rubens et de Le Brun, Paris, 1777
V. H. Debidour, Le Bestiaire sculpté en France, Grenoble-Paris, 1961
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M. T. Jones-Davies dir., Monstres et prodiges au temps de la Renaissance, Paris, 1980
C. Kappler, Monstres, démons et merveilles à la fin du Moyen Âge, Paris, 1980
Le Monstre. Pouvoirs de l'imposture, Paris, 1980
G. Lascault, Le Monstre dans l'art occidental, Paris, 1973
C. Lecouteux, Les Monstres dans la pensée médiévale européenne, Presses de l'Univ. Paris-Sorbonne, 1993
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