3. Le monothéisme chrétien
Le Nouveau Testament reprend à son compte le monothéisme de l'Ancien Testament comme un élément traditionnel (cf. Marc, xii, 29, où Jésus cite le Shema ; I Cor., viii, 4 ; Jacq., ii, 19 ; I Tim., ii, 5). On y retrouve les anciennes formules : « Dieu des pères » (Actes, iii, 13 ; v, 30) ; « Dieu d'Israël » (Matth., xv, 31 ; Luc, i, 68 ; Jean, viii, 41 ; Actes, xiii, 17 ; Hébr., xi, 6) ; « Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob » (Actes, iii, 13 ; vii, 32 ; Matth., xxii, 32 ; Marc, xii, 36 ; Luc, xx, 37).
La confession de foi monothéiste est une évidence pour les premiers chrétiens, mais leur sens de Dieu se vérifie à la manière dont ils rejettent les idoles (II Cor., vi, 16) ou bien Mammon (Matth., vi, 24) ou les puissances du cosmos (Gal., iv, 8-9). Comme dans le judaïsme postérieur, on trouve dans le Nouveau Testament un certain dualisme, surtout chez saint Jean et chez saint Paul. Satan est le prince de ce monde (Jean, xii, 31), le dieu de ce monde (II Cor., iv, 4) et le seigneur du royaume des démons (I Jean, iii, 8). En enlevant son pouvoir au prince de ce monde, le Christ ne compromet pas le monothéisme, il le consolide plutôt. Comme fils de Dieu, le Christ a les attributs et les pouvoirs de Dieu même. Il est le mandataire de Dieu, mais il ne le supplante pas. Il ne met pas en question l'unicité et la monarchie de Dieu, car il n'existe comme fils que dans sa dépendance et son appartenance absolue au Père.
Enfin, le monothéisme israélite trouve son accomplissement ultime dans la confession trinitaire (cf. Matth., xxviii, 19) d'un Être divin unique en une pluralité de personnes. Loin de compromettre l'unité et l'unicité de Dieu, la révélation chrétienne du mystère trinitaire invite à ne pas comprendre le monothéisme dans un sens purement ontologique et spéculatif. L'unité du Dieu vivant est autre chose que l'identité de l'Être absolu comme fondement des étants.
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