5. La vitalité du genre
Apologie de la couleur ou tentative de réaliser une peinture sans dessin, le monochrome a depuis longtemps acquis droit de cité au sein de l'univers pictural, dont il ne semble plus menacer l'existence mais bien au contraire étendre le territoire. La diversité des monochromes et la variété de leurs intentions prouvent la fécondité d'un genre auquel peu de peintres s'adonnent exclusivement, mais qui a exercé sa fascination sur nombre d'entre eux. Sévères ou amusants, figuratifs ou abstraits, noirs, blancs ou véritablement colorés, ces exercices de haute école ont donné lieu, nous l'avons noté, à maintes expositions consacrées à une couleur particulière ou au genre dans toute son extension, ou encore à l'un des artistes qui, comme Yves Klein, Piero Manzoni ou Robert Ryman, a partie liée avec la monochromie. Elle fut et demeure en outre l'objet de nombreux commentaires et d'analyses variées.
Les amateurs d'art habitués des galeries et des musées sont depuis longtemps familiarisés avec la monochromie et sa diversité. Ils s'en offusquent d'autant moins qu'ils cherchent à cerner les caractéristiques formelles des tableaux qui leur sont présentés et à en comprendre les significations. En revanche, une part importante du public rétif aux innovations les plus radicales des avant-gardes et de leur postérité, stigmatise volontiers ces peintures dont la réalisation paraît être à la portée du premier venu. C'est pourquoi la monochromie picturale est aussi devenue l'un des exemples favoris des pourfendeurs de la modernité.
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