Né dans une famille de la gentry du Devonshire, attiré très jeune par la carrière des armes, combattant des armées royales au début de la première révolution anglaise, Monk devient, à partir de 1650, un des principaux généraux d'Olivier Cromwell et le chef de l'armée d'Écosse. Féru de discipline, il fait de cette armée un corps d'élite et, après la mort de Cromwell, une des rares forces encore bien administrées. Les dissensions des généraux, l'anarchie qui suit l'abdication de Richard Cromwell en 1659, la volonté de Monk de ne pas être le jouet des décisions de l'armée de Londres, dirigée par le général John Lambert, vont être décisives : traversant toute l'Angleterre à la tête de ses troupes, recevant dans le Yorkshire l'adhésion du vieux Thomas Fairfax, considéré par les hommes de la City comme le garant de l'ordre, Monk parvient à Londres, reçoit du Parlement croupion, rappelé par Lambert, le commandement en chef de l'armée, refuse l'office de lord-protecteur et, le 16 mars 1660, convainc les parlementaires de se séparer après avoir convoqué un Parlement-Convention. Le général est alors persuadé que la cause royaliste, de plus en plus populaire, doit l'emporter ; tout en se r […]
