3. Société et économie
• Mode de vie
En zone montagneuse comme en Gobi, l'élevage nomade s'est trouvé être, dès une époque reculée, la forme d'exploitation la mieux adaptée aux conditions naturelles – les bovidés et les yaks prédominant en montagne ; les moutons, les chèvres et les chevaux en zones de steppe ; les chameaux en régions semi-désertiques. L'habitat traditionnel est la large tente ronde ou ger (désignée improprement par les Occidentaux du mot turc de « yourte »). Cette demeure, formée d'un treillis de bois pliant que recouvrent des feutres clairs, peut être démontée et remontée en peu de temps par une ou deux personnes et tient facilement, avec tout son mobilier, sur une bête de bât ou, maintenant que l'ameublement est devenu plus important, sur un camion. Ainsi le pasteur peut-il suivre son troupeau selon un circuit constant, qui le mène des pâturages d'hiver aux pâturages d'été et vice versa.
Les activités, strictement réparties entre les deux sexes, suivent le rythme des saisons et sont centrées sur le bétail, d'où l'éleveur tirait jadis toute sa fortune et sa subsistance : nourriture (produits laitiers, dits « nourriture blanche », en été ; viande séchée, dite « vivres gris », en hiver), boisson (lait, alcool distillé du lait), vêtements et bottes, feutres, couvertures et tentures de la demeure, chauffage même (par les excréments séchés), moyen de locomotion, etc. Dans les siècles passés, il ne lui fallait acquérir au-dehors que du thé (en briques), de la farine et des objets de luxe (bijoux féminins, statuettes religieuses, soie). De nos jours, l'alimentation est plus diversifiée, mais le cheptel reste une des richesses du pays – véritable capital dont l'accroît forme les revenus.
Depuis la libéralisation de 1990, une résurgence flamboyante des traditions séculaires remet à la mode la multitude des rites qui, jadis, entouraient les occupations quotidiennes et saisonnières pour les rendre fastes ; elle en fa […]
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