Violoniste virtuose et compositeur, Mondonville tient une place importante dans la musique française du xviiie siècle ; plusieurs de ses innovations méritent d'être signalées. Il naquit à Narbonne où son père était musicien à la cathédrale Saint-Just. Il vint à Paris vers 1731, publia deux recueils de musique instrumentale en 1733 et 1734 (Sonates pour le violon avec basse continue, op. 1 ; Sonates en trio pour deux violons ou flûtes et basse continue, op. 2). Il servit comme premier violon au Concert de Lille, et se mit à composer des motets. Il entra au Concert spirituel en 1734 comme violoniste, puis en 1738 en tant que compositeur. L'année suivante, il est musicien du roi et, en 1740, il occupe les fonctions de sous-maître de la chapelle royale. Ses motets connurent une vogue extraordinaire et restèrent trente ans au répertoire du Concert spirituel, aussi bien les motets pour chœur (Dominus regnavit, Jubilate Deo, Magnus Dominus, Lauda Jerusalem, Cantate Dominum, etc.) que ceux pour soliste (Regina coeli, Simulacra gentium). Dans l'ensemble, Mondonville continue Lalande.
Il écrivit beaucoup pour le théâtre, notamment le ballet héroïque Le Carnaval du Parnasse (1749) et les opéras-ballets, Bacchus et Érigone, Vénus et Adonis, Titon et l'Aurore (1753). Ce dernier opéra, à l'orchestration ingénieuse, connut un succès littéralement prodigieux, en pleine querelle des Bouffons ; il fut soutenu par le roi et par Mme de Pompadour. Ses adversaires pouvaient écrire par exemple : « Jamais le grand Rameau, si supérieur à M. de Mondonville [...], n'a vu dans sa plus grande gloire accueillir ses pièces les plus brillantes avec des transports si outrés » (Lettre sur les Bouffons). Lors de cette fameuse querelle, il est à la tête du parti français. En 1755, et jusqu'en 1762, il dirige l'orchestre du Concert spirituel où il introduit des nouveautés du genre concerto pour orgue, avec le concours de Claude Balbastre (1755) ; cette forme était alors inconnue en France. Il réduit aussi pour orgue ses ouvertures d' […]
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