G. W. Leibniz (1646-1716) n'a publié de son vivant qu'un seul ouvrage d'importance, la Théodicée (1710). La mort de Locke, en 1704, le dissuada de publier les Nouveaux Essais, en réponse à l'Essai sur l'entendement humain du philosophe anglais. Renommé dans toute l'Europe pour ses multiples interventions dans les débats savants, politiques et religieux, Leibniz offre avec la Monadologie, écrite à la fin de sa vie (1714) en français pour le prince Eugène de Savoie, ce qui peut être considéré comme le principal exposé des principes de sa philosophie.
La Monadologie se présente comme le résumé du système de son auteur en quatre-vingt-dix alinéas d'une grande densité (et avec de multiples renvois à la Théodicée). Elle ne sera publiée qu'en 1840 (l'édition de référence n'étant fournie qu'à la fin du xixe siècle, par Émile Boutroux), mais connue par une traduction latine dès 1721. Quoiqu'elle n'affiche pas clairement de plan, il est habituel de la diviser en trois parties : sur les monades (paragr. 1-36) ; sur Dieu (paragr. 37-48) ; sur le […]
