2. Œuvres plastiques et littéraires
À plusieurs reprises, les Môn ont transformé les apports de l'Inde pour créer des styles propres, dont s'inspireront à leur tour les cultures voisines. Le « Bouddha asexué môn » sera reproduit et conservé dans toute l'Asie du Sud-Est, de même le Bouddha assis « prenant la terre à témoin ». Mais il y a eu aussi des formes qui n'ont pas duré, malgré leur originalité : ainsi des énormes « roues de la Loi », en pierre, qui devaient être dressées sur un piédestal élevé, à l'entrée de l'enceinte des temples.
L'art môn se caractérise par la symétrie et la frontalité. En évoluant à partir d'un modèle indien (pallava, post-gupta, puis pāla), il simplifie de plus en plus le même ensemble de motifs. Parfois, au contraire, il évolue vers des outrances, comme à Haripuñjaya, dans le traitement des visages en terre cuite.
À Pagán, l'influence pāla prédomine au début, notamment pour les peintures murales de l'intérieur des temples. Quant au décor, souvent en stuc ou en terre cuite, quand il n'est pas d'inspiration bouddhique, il représente, par des symboles, des mythes solaires complexes.
L'architecture a considérablement évolué. Les temples sur terrasse à niches décorées du début voisinent avec des stūpa (reliquaires géants en forme de cloche ou de bulbe). Puis il y aura – à Haripuñjaya – des monuments à étages décroissants et, à Pagán, des temples cruciformes à corridors et noyau central plein, selon un modèle indien, qui reproduit l'ensemble, miniaturisé, sur les toits. De l'architecture civile, et singulièrement des palais royaux, il ne reste que ce qu'en décrivent les inscriptions, particulièrement à Pagán et à Pégou. Hormis cela, tout l'art est religieux et se veut édifiant.
La littérature, en dehors de celle des inscriptions – souvent fort belle –, est mal connue. Elle va des textes historiques à des mythes, des commentaires religieux à des traités (de magie, de médecine, d'astrologie, de grammaire). Mais elle comprend aussi des recueils de poèmes narratifs, soit iro […]
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