4. Moment dipolaire et structure moléculaire
• Représentation par moments de liaison
La démarche habituelle en physico-chimie, qui consiste à tenter la représentation d'une grandeur moléculaire quelconque comme somme d'incréments de liaison, aboutit dans le cas du moment dipolaire à introduire des moments de liaison de caractère vectoriel. Leur direction est celle de la liaison et leur sens est donné par la différence d'électronégativité entre les atomes liés, ce qui conduit ainsi à la notation C−Cl. La connaissance de ces moments de liaison résulte de l'analyse du moment moléculaire total, seul accessible, ce qui ne va pas sans quelque arbitraire. Il n'y a pas de difficulté pour les carbures saturés, non polaires, ce qui s'interprète aisément comme une conséquence de la disposition tétraédrique des liaisons, et cela quelle que soit la valeur du moment de la liaison C − H, qui n'est pas directement accessible. La présence d'un faible moment chez certains carbures – 0,13 D pour l'isobutane HC(CH3)3 par exemple – s'explique par la déformation de la molécule consécutive à l'encombrement stérique des groupements méthyles.
Ce moment de la liaison C−H s'introduit comme une constante inconnue dans la plupart des autres déterminations. C'est ainsi que la substitution d'un atome d'hydrogène par un atome de chlore donne à tous les chlorures d'alcoyle pratiquement le même moment de 2,10 D, qui représente μ (C−Cl) − μ (C−H), ces deux moments étant supposés arbitrairement de même sens.
L'extension de cette méthode de proche en proche conduit à dresser des tables de moments de liaison qui permettent le calcul approché du moment d'une molécule de géométrie connue. Les écarts à la loi d'addition vectorielle des moments de liaison s'interprètent en général aisément.
C'est ainsi que les moments des composés CH3Cl et CHCl3
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