L'un des meilleurs écrivains du xixe siècle et l'un des trois plus grands hommes de théâtre du Japon, avec Zeami et Chikamatsu. Né à Edo (Tōkyō) dans une modeste famille de petits commerçants de la ville basse (Shitamachi), il avait de naissance la vivacité, la spontanéité, l'ironie et l'humour un peu gros des personnages de Shikitei Samba ou de Jippensha Ikku. Nourri de cette culture vigoureusement populaire qu'illustrent les romans de ces deux auteurs, Mokuami se trouve jeté, au moment de sa maturité, dans le tourbillon de l'occidentalisation de l'ère Meiji (1868-1912). La seconde moitié de son œuvre reflète ce bouleversement et constitue un précieux témoignage sur la façon dont le Japonais moyen vécut la « Rénovation ».
Mokuami a laissé plusieurs centaines de pièces de kabuki, appartenant à tous les genres : chorégraphies, adaptations de nōou de kyōgen, drames historiques à grand spectacle (jidai-mono) et drames bourgeois (sewa-mono). Ces derniers genres sont de loin les plus intéressants, car les personnages pris dans le petit peuple de Shitamachi sont d'une vérité étonnante. On a parfo […]
