3. La figure de Moïse
La tradition cultuelle mosaïque parut ainsi à David convenir à sa grande politique d'unification des tribus. Dans la vaste fresque nationale que dressent les textes J utilisant les traditions des tribus et des sanctuaires, c'est Moïse qui, par son intercession auprès de Dieu, garantit les promesses faites au descendant d'Abraham roi en Juda (Gen., xlix, 10). Il peut guérir (Nombres, xii, 13) et sauver (Ex., ii, 19).
Si, pour J, Moïse est en quelque sorte super-roi, E dégage surtout en lui le super-prophète, qui voit Dieu, en transmet les dix paroles et rédige les « paroles et coutumes » (Ex., xxi-xxiii) qui règlent la vie de la communauté. Il est médiateur d'alliance entre Dieu et son peuple. Dépositaire de ce qu'il y avait de meilleur dans la tradition morale de l'Ancien Orient, il fait du respect de Dieu et du prochain la base de la vie sociale.
Pour le Deutéronome, Moïse est celui dont les discours touchent le cœur et ouvrent les esprits à la vraie vie ; il est celui auquel on doit les institutions d'État que conservent les scribes.
Enfin, pour les textes P, rédigés à la chute de l'État monarchique, Moïse est le législateur par excellence qui a organisé le sanctuaire et son culte, où les Juifs viennent de toutes les parties du monde. C'est lui qui a mis en place le sacerdoce des grands prêtres chargés d'assurer le rituel traditionnel avec tout son symbolisme. Tel sera le Moïse de la tradition juive. Pour la tradition chrétienne, il sera, de plus, celui dont la Loi, comme « pédagogue » (Paul, Épître aux Galates, iii, 24), prépare l'Évangile.
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