Chef de l'État pakistanais de 1977 à 1988. Né le 12 août 1924 à Jullundur au Pendjab resté indien après 1947, année de l'indépendance, et issu d'un milieu modeste, Mohammed Zia Ul Haq réussit néanmoins à faire ses études au prestigieux St Stephens College de Delhi. Il entre ensuite dans l'armée et participe à la fin de la Seconde Guerre mondiale en Birmanie comme sous-lieutenant dans un régiment de cavalerie, devenu unité blindée. Comme la plupart de ses camarades musulmans, il opte pour le Pakistan au moment du départ des Britanniques.
Zia Ul Haq suit la filière militaire : école d'état-major en 1955, stage aux États-Unis en 1963. De 1969 à 1971, il est, avec le grade de brigadier, conseiller militaire en Jordanie, période délicate pour ce pays dont l'armée, en septembre 1970, mate rudement les Palestiniens. En 1976, il accède au sommet de la hiérarchie en devenant chef de l'état-major interarmes. Les mauvaises langues murmurent alors que le Premier ministre Bhutto, prompt à prendre ombrage des trop fortes personnalités, a choisi le général le plus effacé.
Là-dessus en 1977, à la suite d'élections truquées, le Pakistan entre en ébullition, divers partis réclament le départ de Bhutto.
Échauffourées, violences éclatent dans les villes. Finalement l'armée intervient comme elle l'avait fait en d'autres occasions. Son chef, le général Zia, prend le pouvoir et instaure la loi martiale. Son comportement durant les premiers mois fait sourire bon nombre de Pakistanais. Le général se contredit, hésite, semble incapable de s'affirmer. Or peu à peu apparaît un autre homme : un politicien habile aussi bien sur la scène internationale que nationale. Déjà en 1979 un banquier de Karachi qui, pourtant, ne l'aimait pas disait combien l'homme maîtrisait même des dossiers financiers complexes.
Il serait difficile de trouver contraste plus frappant entre Bhutto et Zia. Le premier, brillant, voire flamboyant, de belle prestance, vivant sur ses nerfs, « tuant » littéralement ses secrétaires, charme […]
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