3. Vers l'océanographie opérationnelle
La modélisation et les observations sont des outils complémentaires et indispensables pour l'étude des phénomènes naturels. Le développement des réseaux de mesure, que ce soit au sein de l'océan ou à partir de plates-formes spatiales, et la transmission des informations en temps réel assurent une surveillance permanente des conditions océaniques. Cette vue est certes un peu optimiste car il existe encore de grandes régions océaniques bien moins explorées que ne l'est la planète Mars. Le nombre des observations a cependant crû de façon exponentielle.
La modélisation connaît un essor considérable qui rend possible le dépassement des exercices académiques pour aborder la simulation des conditions océaniques réelles. Ainsi s'ouvre, peu à peu, le chemin de ce que l'on appelle l'océanographie opérationnelle. Par analogie avec la météorologie, un système d'océanographie opérationnelle est constitué d'une étape d'analyse des observations in situ et de synthèse entre les données récoltées et l'état d'un modèle au même instant ; puis le modèle évolue dans le temps pour faire une prévision des conditions océaniques pour les jours qui suivent, dans le cadre de la prévision à moyenne échelle, ou pour les saisons qui suivent (en tenant compte du couplage avec l'atmosphère), dans le cadre de la prévision climatique. L'apport des observations est indispensable pour la simulation océanique, car les temps de régulations océaniques sont trop longs pour que l'on puisse espérer traiter un système totalement équilibré par sa seule dynamique interne ; pour cela, il faudrait connaître les conditions atmosphériques pendant plusieurs centaines d'années ; de plus, il n'est pas certain que l'équilibre même de l'océan existe. Pour pallier ces insuffisances, on tire parti des modèles et des observations en effectuant une assimilation, c'est-à-dire en produisant un état de l'océan le plus proche possible des observations, en tenant compte des contraintes dynamiques qui […]
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