1. Mesurer l'océan
• Les campagnes océanographiques
Depuis ses débuts l'océanographie a eu recours, pour explorer le milieu qui l'intéresse, à des navires. Certains, consacrés uniquement à la recherche (navires océanographiques), sont affectés spécifiquement à l'étude d'une région donnée ou d'un processus ; d'autres, à vocation commerciale, fournissent des mesures dites « d'opportunité ». La nécessité de recourir à un bateau, moyen lent et coûteux, limite toutefois les capacités d'observation. Un navire océanographique effectue des mesures de routine tout le long de son parcours, ainsi que des observations à certains points fixes préalablement déterminés (stations) ; il permet aussi la mise en place de matériels ancrés ou dérivants.
L'instrumentation développée à partir d'un navire.
Pour obtenir des profils rapides de température dans les couches superficielles de l'océan, l'instrument le plus employé est la sonde largable, dite encore bathythermographique, qui mesure la température lors de sa chute libre dans l'océan. La profondeur est déduite de la vitesse de descente, et la transmission se fait par l'intermédiaire d'un fil de cuivre, conducteur, relié au bateau et qui casse vers 400 ou 700 mètres ou même 1 500 mètres selon la sonde. Ce type de mesure rudimentaire est très utilisé, car il ne nécessite pas l'arrêt du navire. De nombreux bateaux commerciaux sont équipés d'un dispositif de transmission directe par satellite ; mis en œuvre depuis les années 1960, ce réseau est un outil irremplaçable pour récolter des informations sur le comportement de l'océan, la densité des observations réduisant les problèmes d'incertitude et de précision rencontrés. Depuis 1992, la sonde largable peut être équipée d'un capteur de conductivité (à partir de laquelle est calculée la salinité), mais celui-ci reste coûteux, et la mesure délicate à obtenir.
L'instrument de base des océanographes est la bathysonde (ou sonde C.T.D.) qui mesure la température (T) et la conductivité (C) en fonction de la profondeur (D po […]
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