Terme de logique dont la linguistique fait deux emplois relativement distincts : pour A. Martinet, le mot désigne les déterminants grammaticaux du nom et renvoie à la classe des « actualisateurs » défini, indéfini, singulier, pluriel. Cette acception repose sur la distinction saussurienne entre langue et parole : pour devenir des éléments du discours, les noms sont soumis à la nécessité de passer du virtuel au réel ; autrement dit, ce qui est dans la langue tel quadrupède avec ses propriétés, mettons /cheval/, sera, en fonction de la situation où je parle, soit « le cheval » (la classe ou l'individu), soit « un cheval ».
L'autre acception reprend les distinctions de la logique classique, qui ont été déjà analysées par Aristote et, depuis, restent toujours au cœur des problèmes du jugement : lorsqu'un prédicat se trouve affecté d'un élément qui lui est conjoint et qui, sans en modifier le sens, a néanmoins pour effet de faire passer sur lui-même l'assertion principale, on dit que l'énoncé est modalisé. Ainsi, la différence entre « il pleut » et « il doit pleuvoir » tient à ce que, d'un côté, la vérité logique, indépendamment de la réalité de fait, s'oppose, de l'autre, à l' […]
