4. Effets sociaux
Quelles qu'en soient les formes, la signification, les modulations ou les causes, la mobilité sociale a elle-même des effets. Des effets sur les individus qui en font l'expérience, d'abord, qui vivent de manière plus ou moins heureuse des décalages entre le milieu où ils ont été socialisés enfants et celui de leur vie d'adulte et adoptent plus ou moins les comportements caractéristiques des groupes sociaux auxquels ils accèdent. Des effets sur la composition des groupes sociaux ensuite, dont le recrutement peut être plus ou moins hétérogène : les agriculteurs, très majoritairement enfants et petits-enfants d'agriculteurs, forment un groupe culturellement assez homogène ; les cadres, majoritairement issus d'autres milieux, peuvent partager moins de valeurs communes. Des effets sur les rapports entre les groupes sociaux aussi : les enfants d'agriculteurs ne sont qu'une minorité à travailler dans l'agriculture, de sorte que les agriculteurs d'aujourd'hui ont de nombreux parents dans d'autres groupes sociaux. La porosité variable des groupes sociaux, dans un sens comme dans l'autre, affecte finalement la structure sociale dans des conditions qui peuvent, à leur tour, rendre plus ou moins faciles les échanges entre ces groupes.
On a ainsi affaire, avec la mobilité sociale, à un domaine d'étude toujours en développement, au cœur de l'analyse tant des inégalités sociales que des changements sociaux, qui se trouve en rapport avec les préoccupations des acteurs sociaux, mais dont les élaborations successives, au fil des recherches, ont pris des formes qui ne rendent pas toujours immédiatement communicables ou compréhensibles aux profanes résultats et débats scientifiques.
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