2. Le mythe au présent
À partir de Nausicaa, Miyazaki entame une série de films de plus en plus personnels, qui sont autant d'expressions d'un univers à la fois hanté par les anciens mythes japonais et par des préoccupations écologiques, nées de l'effroi du cinéaste devant la destruction de la nature par le Japon industriel. Nausicaa ayant connu un énorme succès au Japon, Miyazaki et Takahata fondent en 1985 le studio Ghibli, situé à Mitaka, dans une banlieue de Tōkyō. Avec cette structure artisanale d'envergure, Miyazaki va se consacrer à une série de films de qualité, dont il sera le plus souvent auteur, scénariste et réalisateur : Laputa, le château dans le ciel (1986), Mon Voisin Totoro (1988), Le Service de livraison de la sorcière (1989), Porco Rosso (1992), dont le héros est un cochon aviateur, et enfin Princesse Mononoké, où il revisite les mythes fondateurs du Japon, et Le Voyage de Chihiro, sorte de version personnelle d'Alice au pays des merveilles, qui confronte une petite fille à l'univers des dieux nippons. Ce film sera le plus grand succès historique au Japon, avec plus de 24 millions d'entrées. Il reprend le thème favori de Miyazaki, celui d'une petite fille ou d'une princesse aux prises avec le monde extérieur, réel ou imaginaire. Cette trame, proche du conte d'initiation, se retrouve dans Le Château ambulant : ici, l'héroïne doit découvrir un secret afin de se libérer d'une malédiction.
Le succès local et international qu'il connaît n'affecte pas Miyazaki Hayao, qui continue de réaliser des films personnels et populaires en restant fidèle aux techniques d'animation traditionnelle à la main, et en réduisant au minimum le recours au graphisme sur ordinateur. Japonais authentique et « fils du cinéma », il est à la fois respecté par ses confrères, adoré par le public, et idolâtré à l'étranger, grâce à la création d'un univers graphiquement original, qui nous renvoie aux obsessions d'un monde en crise.
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