L'univers de l'animation japonaise (dite « animée » en japonais, ce qui la distingue du « manga », bande dessinée inanimée), naguère réservé aux fanatiques du genre, a fini par obtenir la reconnaissance des médias et du public, favorisant l'accès aux meilleurs représentants du genre, en particulier Miyazaki Hayao, Takahata Isao, et Oshii Mamoru (auteur de Ghost in the Shell et Avalon). Victime d'une mauvaise image véhiculée par les séries bas de gamme, l'animé a ainsi gagné ses lettres de noblesse. Devenu en quelque sorte « l'empereur » de l'animation japonaise, Miyazaki Hayao est comparable dans son propre domaine à Kurosawa Akira, qui admirait son œuvre.
Se considérant comme un « artisan » et non un auteur, il est maintenant à la tête d'un petit empire de l'animation, dont les deux pièces maîtresses sont le studio Ghibli (créé en 1985) et le musée Ghibli, ouvert en octobre 2001, et qu'il a conçu à l'image de ses propres films.
1. La formation d'un univers
Né en 1941, Miyazaki Hayao est rapidement emmené par ses parents à la campagne, afin d'échapper aux bombardements américains sur Tōkyō – un épisode qui marquera certains aspects de son œuvre, notamment Mon Voisin Totoro. Sa rencontre décisive avec le cinéma d'animation remonte à 1958, lorsqu'il découvre le premier long-métrage d'animation japonais, Le Serpent blanc, réalisé par Yabushita Taiji pour la Compagnie Toei. Bien que diplômé en sciences économiques, le jeune Miyazaki, passionné de manga, se tourne vers l'industrie naissante de l'animé. Il entre aux studios Toei en 1963, où il pratique toutes les techniques de « l'image par image ». Il y fait également la connaissance de Takahata Isao, qui deviendra son meilleur ami et collaborateur, et réalisera des films dont l'esprit est parfois proche de ceux de Miyazaki (Le Tombeau des lucioles, Pompoko, ou Mes Voisins les Yamada). Après avoir collaboré à plusieurs films formatés de la Toei, Miyazaki finit par réaliser en 1968 un long-métrage vraiment personnel, Les Aventures de Hols, princ […]
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