5. Les styles artistiques des terres chaudes
Archéologiquement, une culture peut être identifiée à travers un style artistique qui constitue l'une de ses expressions matérielles. C'est le cas de la culture Nuiñe, dont le nom, en mixtèque, signifie terre chaude et qui apparaît dans la Mixteca Baja vers 350 apr. J.-C. Cet ensemble de structures sociales, religieuses et intellectuelles fut d'abord identifié par une conjonction de manifestations artistiques, que les chercheurs ont baptisée du même nom. Le trait nuiñe le plus marquant est lié à l'architecture. Il s'agit d'une technique de construction appelée de bloque y laja, constituée d'un bloc de pierre travaillée de forme rectangulaire de 20 sur 30 cm environ, entouré de petites dalles de 2 cm d'épaisseur moyenne, superposées horizontalement. Une autre caractéristique est un système de glyphes qui semble dérivé de l'écriture zapotèque, dont les motifs gravés sur des dalles de calcaire se trouvent exclusivement dans la Mixteca Baja. La céramique régionale présente aussi des traits spécifiques, parmi lesquels l'addition de morceaux minuscules de mica, minéral spécifique de cette région et exporté jusqu'à Teotihuacan. Le récipient le plus représentatif est l'urne funéraire, décorée de peinture rouge, orange, jaune et verte, qui représente des divinités. Dans le domaine funéraire aussi, des dalles polies comme des miroirs, dont la fonction reste inconnue, accompagnent les défunts inhumés sous les sols des maisons.
Les traits nuiñe intéressent particulièrement les archéologues puisqu'ils représentent un style majeur, susceptible de fournir des informations socioculturelles sur la Mixteca Baja, qui reste, encore de nos jours, mal connue pour l'étape des centres urbains.
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