Né à Agra, mort à Lucknow, regardé comme le plus grand poète lyrique de langue ourdoue, Mīr appartient à l'école de Delhi. Le sac de cette dernière ville, où il s'était acquis une grande notoriété, l'obligea à fuir. Poète fécond, auteur d'une autobiographie, de six volumes de ghazals(poèmes lyriques), d'innombrables quatrains et de dizaines de longs mathnawis(récits en vers), dont le plus célèbre est intitulé « Illusion et Rêve », ainsi que de satires et d'odes de circonstance. Tout ce qu'il a écrit a un cachet inimitable de grâce et de charme mélancolique. Les trois petits poèmes suivants sont très caractéristiques de sa manière imaginative et rêveuse :
Tu n'es qu'une bulle d'écume / Dans ce fleuve battu par la tempête ; / Une fois que tes yeux seront ouverts, / Le monde t'apparaîtra comme un songe.
Un soir, je me rendis dans la boutique des souffleurs de verre / Et leur demandai : « Ô vous qui fabriquez des coupes, auriez-vous par hasard un verre / Qui ait la forme d'un cœur ? » / Ils se mirent à rire : « C'est en vain que tu cherches, / Ô Mīr, chaque coupe que tu vois, ronde ou ovale, chaque verre / A été un cœur que nous avons fai […]
