3. Valeur protectrice de l'homochromie et de l'homotypie
Les expériences faites pour déterminer la valeur protectrice des homochromies ou homotypies ont eu des résultats parfois contradictoires, mais la plupart ont conclu à une protection certaine. Des gambusies, poissons qui changent facilement de couleur, ont été soumis à l'attaque de prédateurs (héron ou pingouin). En plaçant dans un bac noir deux cent quatre-vingt-huit poissons de couleur claire et autant de couleur noire, on a constaté que deux cent un poissons blancs ont été mangés et soixante-treize noirs seulement.
De nombreuses expériences ont été faites en présentant à des oiseaux des insectes placés sur fond homochrome ou hétérochrome (di Cesnola, 1904 ; F. B. Isely, 1938 ; F. Bourlière, 1942) et on constate que les oiseaux découvrent également ces derniers. Ruiter, en donnant à des oiseaux de volière des chenilles de Géométrides et des bâtons de bois, constate qu'au début de l'expérience les oiseaux ne savent pas reconnaître les bâtons des chenilles, mais qu'ils l'apprennent vite et que les erreurs deviennent rapidement de moins en moins fréquentes.
Mais pour que de telles expériences gardent toute leur portée, il ne faut pas oublier que la dissimulation vis-à-vis de l'homme n'est certainement pas valable pour tous les agresseurs. Enfin, les préférences alimentaires des agresseurs dans la nature devraient toujours être connues avant l'expérience et bien souvent la captivité change leur comportement.
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