Bien que le terme « mimétisme » ait pour le spécialiste une définition très restreinte (limitée à la ressemblance entre deux espèces animales zoologiquement éloignées dont l'une, inoffensive, « mime » l'autre), il évoque généralement tous les phénomènes de camouflage que de nombreux animaux présentent naturellement et grâce auxquels ils échappent aux regards de l'homme. Homochromie et homotypie, déguisements et mimétisme au sens strict sont les quatre mécanismes fondamentaux qui permettent aux animaux de se dissimuler. Ils ont aussi bien avantage à le faire lorsqu'ils sont des proies que lorsqu'ils sont des agresseurs. Car, dans la nature, une espèce animale, quelle qu'elle soit, est toujours convoitée par un ou plusieurs agresseurs qui disposent, pour le dépistage de leur proie, d'organes sensitifs plus ou moins développés : vue, ouïe, odorat, aidés parfois par une dissimulation de la couleur ou de la forme. À ces attaques, la victime répond par des adaptations diverses qui peuvent être le venin, l'odeur désagréable, la fuite ou la dissimulation (cachette, variation de couleur, etc.). Il s'établit ainsi un équilibre et on conçoit que dans cette continuelle lutte pour la vie la dissimulation, le camouflage, n'est que l'un des nombreux moyens employés par une espèce pour assurer sa survie.
Lorsqu'on parle de camouflage ou de mimétisme chez les animaux, il est bien entendu qu'il ne s'agit pas d'un effort conscient de l'animal, d'une étude raisonnée, comme l'homme en est capable ; il s'agit d'adaptations, dont il serait présomptueux de prétendre connaître les raisons. S'il faut toujours se garder en la matière d'un excès de finalisme, on ne doit pas tomber non plus dans l'excès inverse, comme l'ont fait par exemple certains auteurs anglo-saxons qui ont voulu expliquer ces phénomènes par une action exclusive de la sélection naturelle : les individus les moins protégés par leur coloration seraient impitoyablement détruits par leurs agresseurs et seuls les individus les mieux ada […]
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 5 pages…



