3. La vie
Même si l'on peut voir des visiteurs ailés à des centaines de kilomètres à l'intérieur du Groenland ou de l'Antarctique, ces régions polaires sont, au sens du vivant, les zones les plus désertiques de notre planète. La vie y dépend en grande partie des ressources marines. Ainsi, par exemple, on trouve une chaîne alimentaire dont le sommet est occupé par l'ours polaire dans l'écosystème marin de la banquise arctique.
Du point de vue de la biodiversité, une différence essentielle entre les deux régions polaires est que les continents s'avancent jusqu'à de très hautes latitudes en Arctique alors que le continent Antarctique est isolé à la fois par l'immense océan Austral et par l'efficace barrière que constitue le fort courant marin circumpolaire antarctique qui l'encercle.
La vision que l'on a des animaux polaires est souvent faussée. Ainsi, les manchots sont souvent considérés comme des oiseaux primitifs à cause de leur incapacité à voler. C'est en fait tout le contraire puisqu'ils correspondent à un stade très avancé de l'évolution, leurs ancêtres étant des oiseaux volants probablement proches des pétrels plongeurs actuels. Avec leur morphologie très hydrodynamique, leurs ailerons – qui leur permettent de se propulser dans l'eau à la vitesse de plusieurs mètres par seconde – et leurs aptitudes physiologiques à la plongée, ils sont remarquablement adaptés à la vie marine. Qui plus est, contrairement à une vision également faussée, les manchots ne sont pas uniquement inféodés à la glace antarctique : on les rencontre également le long des côtes d'Afrique du Sud et d'Amérique du Sud, et même jusqu'à l'équateur avec le manchot des îles Galápagos.
L'ours blanc est un animal remarquablement adapté au milieu de la glace de mer arctique. La spécialisation des animaux polaires en fonction des contraintes extrêmes des milieux constitue une menace pour eux eu égard à un changement climatique que les climatologues démontrent comme étant le plus rapide de toute l'histoire de la Terre[…]
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