L'usage en géographie du terme milieu, dont l'étymologie n'aide guère à préciser le sens, est banalisé au sens des « conditions extérieures » qui détermineraient les relations entre l'homme, la société, la nature. Bien souvent, seule l'association d'un adjectif qualificatif autorise sa définition : le milieu est naturel ou urbain, par exemple. Le milieu est dit « naturel » lorsque prédominent des éléments façonnés par des processus naturels d'ordre climatique, hydrique, géologique, biologique. À l'opposé, les milieux humanisés sont caractérisés par l'omniprésence d'artéfacts adaptés (le champ ou la plantation) ou construits (immeubles ou aéroports). On s'accorde généralement sur le fait que, hormis quelques espaces parfaitement circonscrits (Antarctique ou déserts hyper-arides par exemple), il n'existe plus de milieux qui soient parfaitement naturels. Dans la tradition naturaliste, le milieu se réduit à une dimension d'échelle de l'analyse géo-écologique. Il est l'unité élémentaire, association d'un biotope et d'une biocénose, c'est-à-dire un écosystème.
À la fin du xixe siècle, le roman naturaliste révèle l'utilité sociale de la notion, que la sociolog […]
