2. Birth of the Cool
Miles a dix-neuf ans à peine et se prépare déjà à se lancer dans une autre aventure. Gil Evans et Johnny Carisi, arrangeurs de l'orchestre de Claude Thornhill, lui proposent de tenir la trompette dans une formation d'une rare originalité. Elle rassemble en effet, outre John Lewis (piano), Al McKibbon (contrebasse) et Max Roach (batterie), un ensemble de souffleurs totalement inouï : Mike Zwerin (trombone), Sandy Siegelstein (cor), Bill Barber (tuba), Lee Konitz (saxophone alto) et Gerry Mulligan (saxophone baryton). Après les fulgurances acrobatiques du bop naît une musique intimiste, feutrée, rêveuse, qui pousse le mariage des timbres et des couleurs jusqu'à l'ébriété. Une petite maison de disques, Capitol, enregistre en trois séances (1949 et 1950) la valeur de quatre 78-tours regroupés dans un album désormais historique, Birth of the Cool. Mais Gil Evans tombe malade et, après un bref succès d'estime et un court passage au Royal Roost, l'ensemble disparaît. En 1949, Miles Davis fonde avec Tadd Dameron un orchestre – le Tadd Dameron's Big Ten – où se retrouvent notamment Kai Winding (trombone) et Kenny Clarke (batterie), mais qui, lui aussi, doit disparaître sur un semi-échec. Miles Davis traverse alors une première période de silence. Il revient progressivement sur la scène en montant de petits ensembles – avec Sarah Vaughan, Sonny Rollins, Art Blakey, Jackie McLean, Horace Silver, Charlie Mingus... – pour des séances enregistrées par Blue Note ou Prestige.
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