2. Un autre univers romanesque
L'immortalité (1990) est situé à Paris dans le quartier de la tour Montparnasse. Ce roman dépourvu d'une quelconque allusion à la Tchécoslovaquie est considéré comme une sorte de synthèse de l'œuvre de Milan Kundera. Le motif central en est la place de l'homme de la fin du xxe siècle et habitant d'un univers rempli de technologies les plus diverses, et dans lequel tous les êtres sont manipulés par la publicité, les journaux et autres moyens audiovisuels, jusqu'à en oublier leur identité et le sens des rapports humains fondamentaux. Le désir de la protagoniste du roman, Agnès, d'exister par elle-même est confronté à la fausse image créée post-mortem de Goethe et d'Hemingway qui, à l'instar des mirages suscités par les médias contemporains n'existent qu'au plus loin de la réalité.
L'immortalité marque une manière de tournant dans l'œuvre de Milan Kundera. Désormais, il écrira directement en français. Avec La Lenteur (1995), il poursuit sa critique de la civilisation occidentale. Deuxième roman écrit en français, L'Identité (1998) célèbre l'amour authentique, le seul capable de nous protéger de l'hostilité du monde.
L'ignorance publié en 2000 en espagnol, puis, en 2003, en français, raconte le retour du protagoniste dans son pays d'origine. On retrouve dans ce roman la continuité des thèmes utilisés auparavant, notamment celui de l'émigration et de l'impossibilité de retrouver sa vie d'avant le départ.
Ces trois romans constituent ce qu'on appelle le « cycle français ». Ils se caractérisent par une même forme : le style en est plus ramassé, le nombre de personnages est réduit ; cependant, on retrouve en eux la densité et la force d'écriture qui avaient marqué le « cycle tchèque ».
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