Milan Kundera est sans doute l'écrivain d'origine tchèque le plus connu du public occidental, et l'un des plus importants. Dans ses œuvres, il sait transcender l'absurdité qui marque le destin de ses personnages pour proposer une image plus générale d'un monde sans Dieu – un monde qui apparaît comme un grouillement des personnages tâtonnant dans un labyrinthe formé de leurs propres fausses valeurs.
1. L'ironie du désespoir
Milan Kundera est né le 1er avril 1929 à Brno, capitale de la Moravie, dans une famille de musiciens et de poètes. Son père était un pianiste et musicologue connu. Son cousin, Ludvik Kundera, d'une dizaine d'années son aîné, membre du Groupe 42, va très vite introduire son jeune cousin dans les milieux artistiques tchèques de l'époque. Milan Kundera passe son baccalauréat en 1948 à Brno. À la faculté des lettres de l'université Charles de Prague, il étudie d'abord la littérature et l'esthétique avant de s'inscrire à la faculté des arts dramatiques où il s'intéresse à la mise en scène des films puis à l'écriture des scénarios. Diplômé en 1952, il enseigne à cette même faculté la « littérature mondiale », d'abord comme assistant puis, en 1958 comme maître-assistant et enfin, à partir de 1964 comme maître de conférences. En 1948, il adhère au parti communiste. En 1952, il en est exclu pour « activité antiparti. » Réintégré en 1955, il en sera définitivement exclu en 1970. Depuis 1975, il vit en France où il enseigne d'abord à l'université de Rennes puis à Paris, à l'E.P.H.E.S.S., École pratique des hautes études en sciences sociales. Après la publication d'un chapitre de son roman Le livre du rire et de l'oubli dans Le Nouvel Observateur, il est déchu de sa nationalité d'origine en 1979. En 1981, il a acquis la nationalité française.
Encore étudiant, Milan Kundera publie, en 1953, un recueil de poèmes, L'Homme, ce vaste jardin, dans lequel il reste tributaire du canon politico-poétique de l'époque, le réalisme socialiste. Dans la même veine se situe son second recueil de po […]
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